• Dans le cadre de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le CIDFF d'Aubenas  proposait jeudi 25 novembre une soirée  ciné-débat  avec  la projection de deux films: le premier: "d'une femme à l'autre" suivait une expérience de retranscription théâtrale de stémoignages de femmes étrangères concernant leur vie de femmes mariées. Un documentaire magnifique, des femmes incroyablement fortes et souveraines, malgré l'état de soumission dans lequel elles vivent depuis toujours. Et la metteuse en scène, de culture marocaine, a une présence magnifique qui a permis à ces femmes de parler, qui a donné les clefs à ses comédiennes pour l'interprétation de ces histoires singulières et pourtant si collectives.

    Le deuxième documentaire projeté en avant-première est "La domination masculine" De Patrick Jean.

    « Je veux que les spectateurs se disputent en sortant de la salle », c’est ce que disait Patric Jean en tournant  ce long-métrage.

    Nous y sommes allé-e-s et pour ma part, j'ai bu du petit lait. En tout cas au début: enfin une personne retranscrivait mes propres sentiments et arguments et en faisait un truc plaisant à regarder! Et un homme par dessous le marché!

    Mais le sujet est douloureux. Et nous sommes sortis de la séance meurtris et meurtries. Entre le massacre anti-féministe du 6 décembre 89 au Québec, les femmes rouées de coup et humiliées qui racontent les années de sévices et de soumission, les hommes qui comparent le féminisme au nazisme...

    Le sujet est grave, ne nous trompons pas.

    Un ami n'a pas du tout aimé: il ne s'est pas reconnu!  Heureusement, lui ai-je répondu, que tu ne te sois pas reconnu dans la domination masculine! Il n'est pas question, dans ce film de l'histoire des hommes, mais bien de celle d'une domination omniprésente et essentielle aux régimes politiques et surtout économiques dans lesquels nous (sur)vivons.

    Réjouissances


        C'est un documentaire efficace et qui pêche, mais non par complaisance. Il pêche par excès d'efficacité, justement. Pourtant, le manque de finesse est à l'image de ce que vivent tant de personnes, dont tant de femmes.
       Rien de ce qu'il raconte n'est exceptionnel, sauf le massacre de 14 jeunes femmes, polytechniciennes, à Montréal, le 6 décembre 1989. Le but du tueur était d'abattre une série de féministes (il avait une liste de leurs noms dans sa veste) et il s'est "contenté" de séparer les filles des garçons et de tirer dans le tas.

        Que les hommes et les femmes soient tant en guerre me torture encore beaucoup.

     Nous ne sommes plus dans les années 70, lorsque les femmes, pour se faire entendre, devaient se battre CONTRE les hommes, voire souvent aussi contre des femmes. Parce qu'elles risquaient fort et beaucoup et qu'il fallait mettre le paquet - mais n'oublions quand même JAMAIS, que cette lutte de libération-là n'a jamais, au grand jamais, pris les armes, ni commis d'actes terroristes.

    Aujourd'hui, comme disait l'une des féministes du film, on ne se bat plus contre des faits, mais contre des illusions. Illusion de l'égalité entre les genres, illusion de l'émancipation des femmes, illusions...
    Mais il ne s'agit plus de se battre contre, mais bien AVEC. Avec les hommes, ceux qui en ressentent le besoin, tout du moins!
    Réjouissances
    Parce que si clivage il y a, il est des deux côtés, si formatage des filles il y a, le formatage des garçons n'est-il pas aussi à abattre?

    Deux choses: à la suite de ce film et surtout à le suite de la discussion avec cet ami qui ne se  reconnait pas dans cette histoire, j'aimerai reprendre des discussions avec des hommes sur leur émancipation, à réaliser, déjà réalisée...selon d'où on se place.

    En Espagne, il semblerait que les "autorités" aient pris le taureau par les cornes (ce qui se fait bien en Espagne, c'est culturel) et aient ouvert des centres de thérapies collectives et individuelles pour hommes violents. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il me semble, à moi, que de traiter des causes des violences conjugales peut avoir un effet sur ses conséquences? Non?

    Que fait-on en France ?

    Pourquoi laisse-t-on divaguer ces hommes après avoir été interdits (dans le meilleur des cas) d'approcher leur compagne et objet de torture?

    Pourquoi surtout ne les aide-t-on pas?

     Pensons-nous tous peut-être que

     1) il n'y a rien à faire, ils sont irrécupérables?

    2) En les prenant en charge, la société va être contrainte de se poser la question de la raison qui fait que 85% des bourreaux sont des hommes et que cela a peut-être à voir avec l'image des hommes, celle des femmes?

    3) C'est pratique, pendant ce temps-là, les femmes ne s'occupent pas d'autre chose, elles sont bien tenues, les hommes sont frustrés, ce qui est toujours bon pour faire perdurer une société exangue, divisée et masochiste.

    Cocher la bonne raison et donner-moi des réponses...

    Pour conclure sur ce documentaire, j'aimerai entendre des hommes en parler honnêtement, avec virulence ou non. Avec intelligence en tout cas. Possiblement, parce que je me demande toujours où sont donc les hommes dans ces histoires de clivage, de pouvoir, de domination. Les hommes qui m'entourent, les hommes qui écrivent, les Patric Jean et les autres.
    C'est fou que le féminisme m'ait amené, depuis des années à ne me pencher que sur les femmes (et il y a de quoi s'interroger et tenter de trouver des explications à des comportements pour le moins absurdes au premier regard), puis m'emmène plus que sûrement à vouloir absolument sonder "l'autre côté"...avec humour, avec amour aussi parfois, quand c'est possible.

    Sur le site du film: www.ladominationmasculine.net, outre les quelques témoignages du réalisateur sur sa réalisation, ses commentaires sur la situation de domination, il y a aussi un manifeste des hommes à signer de toutes ses mains libres.

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    Jubile

    1 commentaire
  • Et oui, le réseau d'entraide est en passe de se mettre en route: d'une part, les questionnaires de faisabilité d'activité ont été fait, ne reste plus qu'à y répondre, en faire la synthèse et proposer à chacune des solutions.

    Pour l'aspect concret et déjà passé, nous avons pressé les pommes: "cuvée souchoise" en octobre et novembre.
    Au final, près de 800 litres sont sorties de nos pompommes, ramassées, pressées et pasteurisées par 6 membres du réseau! Et dans tout cela, il faut vous dire que ce jus est excellent.
    Il est en partie à vendre d'ailleurs, mais c'est une autre histoire.

    En tout cas, nous avons bin ri! Les sacs non-homologués qui se débinaient, les voitures surchargées qui roulaient à ras de terre, les éclats de rire à la vue des premiers 10 kilos de Sabine et Xavier.
    au deuxième pressage, c'est une équipe de filles du réseau qui s'y est collé avec les copains de la CUMA. Ce qui a valu ce commentaire désarmant d'un des membres masculins: "Quand il s'est agit de s'occuper de la machine à laver (pour les tamis), ben y avait plus personne!"

    Les photos arriveront bientôt!

    J.

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