• Véronique Cochard tient un livre pour enfants véhiculant des clichés sexistes, en mai 2011 à Lille (Marie Kostrz/Rue89).

    (De Lille) A 9 heures, près de Lille, la bibliothèque de Lézennes est encore déserte. Jusqu'à ce que deux femmes franchissent les portes de l'établissement les bras chargés d'une grosse caisse remplie de livres pour enfants. Certains sont truffés de préjugés sur la place de l'homme et de la femme dans la société. D'autres non.

    Depuis juillet 2010, Véronique Cochard et Brigitte Kaiser mènent un projet qui a encore peu de doublons en France. Avec leurs organisations respectives, le Collectif régional pour l'information et la formation des femmes (Corif) et l'Institut lillois pour l'éducation permanente (Ilep), elles luttent contre les stéréotypes de genre qui sont véhiculés dans les livres pour enfants

    Au premier étage de la bibliothèque, douze femmes – pas un seul homme n'est présent – bavardent joyeusement. Elles travaillent toutes dans le secteur de la petite enfance et suivent l'atelier créé par les deux collègues.

    Après avoir travaillé sur l'égalité homme-femme dans le monde professionnel, puis avec les lycéens et collégiens, Véronique Cochard s'est rendu compte que la sensibilisation devait commencer encore plus tôt. Pour éviter que le sexisme ne soit intégré par les enfants dès leur plus jeune âge, rien de mieux selon elle que d'agir auprès des adultes qui prennent soin d'eux au quotidien.

    « Le masculin, toujours mieux à même de représenter l'universel »

    Ce projet, financé par l'Union européenne, est également mené en Italie, en Belgique et en Suède.

    Le livre est pour les deux femmes un support intéressant : l'enfant le tient entre ses mains dès l'aube de sa vie et les stéréotypes sont encore nombreux à se glisser entre ses pages.

    La mise en cause de la littérature jeunesse comme médium de transmission des rôles des femmes et des hommes dans la société n'est pas nouvelle. En 1949, Simone de Beauvoir avait déjà fait ce constat dans »Le Deuxième Sexe ».

    Plus de cinquante ans après, les inégalités perdurent dans la littérature jeunesse. Contactée par Rue89, Sylvie Cromer, sociologue spécialiste des questions de genre et maîtresse de conférence à l'université Lille-II, précise :

    « Il n'y a plus beaucoup d'ouvrages où la maman fait la vaisselle pendant que le papa lit son journal dans le fauteuil. Mais malgré tout, les stéréotypes perdurent car le masculin est toujours mis en avant, il est toujours mieux à même de représenter l'universel. »

    Elle précise que les hommes sont toujours dominants dans les histoires, particulièrement lorsqu'il s'agit d'adultes : ils représentent 60% des personnages. Les clichés sont nettement plus marqués dans les ouvrages destinés aux plus petits.

    Des livres de la série Martine (Marie Kostrz/Rue89).

    « Une fille aura toujours une jupe ou une robe et des bijoux »

    Dans les magazines adressés aux 0-6 ans, les garçons entretiennent des relations plus diversifiées que les filles, qui restent plus facilement cantonnées à la famille.

    Brigitte Kaiser confirme que les stéréotypes sont particulièrement visibles pour les très jeunes :

    « Pour la formation, nous avons cherché des ouvrages non-sexistes pour les tout-petits, nous avons eu énormément de mal à en trouver. »

    De manière générale, les personnages masculins sont également moins « marqués » :

    « Un garçon n'aura pas forcément une barbe ou des lunettes alors qu'une fille aura toujours une jupe ou une robe et des bijoux. »

    En espérant que le soir, « ça discute en famille »

    A Lézennes, c'est la troisième et dernière fois que les douze femmes se retrouvent pour parler sexisme. Assises autour d'une grande table et avant de s'atteler au décryptage de la série de livres Martine, elles partagent leurs impressions sur la veillée de contes organisée quelques jours auparavant à la bibliothèque.

    Un à un, Brigitte Kaiser et Véronique Cochard sortent des ouvrages de leur caisse. Tous ceux qui ont été lus aux enfants étaient entièrement non-sexistes.

    A l'évocation du livre « A quoi tu joues ? » qui démonte les stéréotypes tels que « les garçons, ça ne joue pas à la poupée », Isabelle Renard, responsable d'une halte-garderie, pense que « le soir, ça a dû discuter en famille ».

    Elle suppose qu'à l'avenir, les parents penseront que leur garçon deviendra un bon papa plutôt que de dire qu'il risque de devenir une fille.

    éronique Cochard présente l'ouvrage "A quoi tu joues ?" (Marie Kostrz/Rue89).

    Depuis la première séance, le discours des participantes a sensiblement évolué. Selon Véronique Cochard, elles sont à présent capables de sensibiliser les enfants comme les parents. Florence Bernard, qui encadre les enfants à la garderie, a apprécié la formation :

    « Je ne m'étais jamais posé ces questions sur les stéréotypes. Cet atelier permet d'avoir un autre regard sur les livres que nous lisons aux enfants et de mieux les choisir. »

    C'est aussi la première fois qu'Anne-Lise Hainant, toute jeune bibliothécaire, suit une formation sur la littérature non-sexiste. La jeune femme assure que l'influence de la formation dépasse sa propre personne : lors des réunions avec ses collègues des autres établissements, elle ne manque pas de « les sensibiliser ».

    « Je ne mets plus forcément un bavoir rose à une petite fille »

    Parti du livre, l'atelier permet néanmoins de faire évoluer le regard des professionnels sur l'univers dans lequel les enfants évoluent. C'est notamment le cas avec les jouets, qui reproduisent sensiblement les divisions entre hommes et femmes. Florence Bernard reconnaît :

    « Avant, on avait le réflexe de ne sortir que la caisse des jouets de garçons si aucune fille n'était à la garderie. Ce sont des habitudes dont on cherche à se débarrasser. »

    Isabelle Renard, responsable d'une halte-garderie, a conscience que la distinction entre filles et garçons est reproduite par les adultes :

    « Quand les enfants sont très petits, ils n'ont aucun préjugés sur les jeux, les garçons vont vers le coin poupées d'eux-mêmes. Les petites filles sont aussi contentes de jouer aux petites voitures. »

    L'atelier l'incite à être plus attentive à certains gestes du quotidien, répétés de manière inconsciente :

    « Je ne mets plus forcément un bavoir rose à une petite fille. »

    Pour les garçons, la peur constante de l'homosexualité

    Une participante feuillette un livre de la série Martine (Marie Kostrz/Rue89).Ce qui n'est pas toujours évident, la société accusant un retard dans le domaine :

    « Nous avons refait le coin poupées, avec la volonté de ne pas acheter de meubles roses. Nous avons eu énormément de mal à en trouver d'une autre couleur ! »

    Malgré le succès évident de l'atelier, certains préjugés ont la vie dure. Brigitte Kaiser regrette que si les filles s'aventurent assez facilement dans le domaine réservé habituellement aux garçons, le contraire est beaucoup moins fréquent :

    « Pour une fille, se comporter “comme un garçon” est valorisant, alors que le contraire est encore honteux. Chez les parents des petits garçons, il y a toujours la peur de l'homosexualité. »

    Pendant l'atelier, une des éducatrices lance :

    « Hors de question que mon fils fasse de la danse, sauf si c'est du hip-hop ! »

    Sylvie Cromer, sociologue, a aussi remarqué que cet obstacle est difficile à franchir :

    « Il y a une croyance très vivace que l'égalité des sexes va apporter une confusion entre les sexes. »

    Un déterminisme fabriqué qui bloque les enfants

    Face à cette crainte, les enfants intériorisent certains comportements. Les professionnels de la petite enfance évoquent souvent le cas de petits garçons « honteux de dire qu'ils aiment jouer à la poupée ».

    Sylvie Cromer poursuit :

    « L'assignation des sexes n'est pas naturelle. Il faut qu'on arrive à faire comprendre que le sexe ne doit pas être un déterminisme car cela bloque le potentiel des enfants. »

    La sociologue n'est pourtant pas pessimiste : dans les livres, les personnages d'enfants sont de moins en moins clivés, contrairement à ceux des adultes. Les rôles des filles et des garçons sont beaucoup plus interchangeables qu'auparavant. Les enfants sont également plus réceptifs au discours antisexiste. Elle affirme :

    « Dans les livres comme dans la société, les rapports entre les sexes bougent. »

    Un catalogue de livres pour enfants non-sexistes (Marie Kostrz/Rue89).

    Mis à jour le 17/08/2011 à 17h20 : Sylvie Cromer est maîtresse de conférence et non professeur.

    Photos : Véronique Cochard tient un livre pour enfants véhiculant des clichés sexistes, en mai 2011 à Lille ; des livres de la série Martine ; Véronique Cochard présente l'ouvrage « A quoi tu joues ? » ; une participante feuillette un livre de la série Martine ; un catalogue de livres pour enfants non-sexistes (Marie Kostrz/Rue89).


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  • Pour continuer sur notre belle lancée, je vous raconterai encore ce qui s'est dit, ce qui se fera, ce qui a changé... donc, après le rapport sur le réseau d'entraide et les décisions prises pour la prochain année, nous avons écouté Flo nous rappeler un peu les boires et déboires du Localou, une première fois transféré de La Souche à Jaujac, dans un local prêté gracieusement pas la mairie...pour un temps limité à 8 mois.

    L'Assemblée Générale, suite et fin!

    Inauguration du Localou le 24 avril 2010, jour de l'Assemblée Générale Annuelle


    Ce fuL'Assemblée Générale, suite et fin!t une belle aventure, il faut le dire...et qui nous a laissé sur notre faim.

    Là, nous avons développé le groupement d'HA, avec Flo comme fer de lance et organisatrice patentée. Il faut dire qu'elle fut et est toujours, salariée de l'assoc' pour ce faire. Un nouvel ordi, celui de l'asso, fut acheté pour les besoins de la cause.

     

    ET une trentaine d'adhésions pour le groupement d'HA ont été prises cette année. Flo travaille principalement avec Bio Libre Partage, à Joyeuse et son salarié Alexis qui l'arrange autant que faire ce peut, tout cela concerne l'épicerie sèche ( pois cassés, riz, lentilles, chocolades, lessives, pâtes....)

    Du temps du Localou, pas mal de produits frais de producteurs/trices ont transité là, faisant un paquet d'heureuses et d'heureux: fromages de chèvre, pain aux céréales, légumes frais, confitures, jus, caissettes de 10kg de viande à 10€ le kilo....j'en passe et des meilleures.

    L'Assemblée Générale, suite et fin!

    La fermeture du Localou a été un rude coup pour cette activité, qui est devenu plus difficile puisque c'est chez Flo que tout arrive et repart.

     

    Mais fut aussi un rude coup aux activités développées-là:

    initiation à la médecine chinoise: Séverine Chaix, praticienne patentée sur Jaujac est venur par trois fois donner des conseils pour de petits maux quotidiens: fièvre d'enfant, rhumes, maux de tête etc...

    Cours et pratique de la couture avec Tina: fabriquer un coussin avec des chutes, refaire un ourlet....

    Fabrication de cadeaux de Noël avec de la récup', avec Patricia....trois ateliers avant Noël qui ont permis de faire des objets marrants et utiles

    Atelier "apprendre à apprendre":

    Manue qui a pratiqué et continue de pratiquer l'instrcution en famille auprès de ses enfants a proposé un atelier d'apprentissage scolaire, mais un peu autrement qu'à l'école. Quelques ateliers bien suivis, mais qui n'ont pas passé l'épreuve du lieu disparu!

    Frédéric a roposé plusieus ateliers informatique et plus particulièrement sur les logiciels libres, ainsi que l'installation sur quelques PC de Linux. Quelques participantEs, mais pas trop de suivi quand même. À revoir en temps et en heure....

    Julie et Flo ont proposé un groupe de parole pour parents d'ado et pré ados...un besoin grandissant. Suite à la rentrée probablement...inscrivez-vous encore!

     

    Et des ateliers à ciel ouvret ont été initié par Babie: salades sauvages et élixirs floraux.

    L'Assemblée Générale, suite SANS FIN!

    Nous avons ainsi appris à différencier pas mal de plantes comestibles des autres

     

    D'autres ateliers veulent aussi voir le jour et ce sera enfin à nouveau possible car.......

     

    Nous avons retrouvé un local, un nouveau Localou donc, à Thueyts, en face de la supérette locale! Un bon gros pabneau Du pain et des Roses a été accroché la semaine dernière.

    Des étagères sont en cours de fabrication...il ne nous reste plus qu'à réinstaller le magasin gratuit pour ouvrir à nouveau!


    Pour terminer ce grand tour d'une année de l'assocaition, quelques nouvlles plus générales.

    Julie a finit son contrat aidé fin juin et donc le réseau d'entraide doit se débrouiller un peu plus tout seul même si elle va continuer une bonne partie de son activité en tant que bénévole.


    Un nouveau Conseil d'Administration est né pour mieux gérer tout cela. Il comprend: Isabelle et Flo, Monique et Patricia, Philippe et Julie, Éva et Twiggy et Cathy. Elles et il ont formé des groupes de travail et vont administrer la nouvelle subvention de la Région.


    Une première réunion a déjà eu lieu au nouveau Localou...compte rendu dans pas trop longtemps, espérons! Mais c'est passionnant, n'en doutez pas!

    L'Assemblée Générale, suite SANS FIN!

    Et une toute dernière chose:

    Les cotisations ont augmenté....10€ pour une adhésion simple, 15€ pour le groupement d'achat.

    Vous recevez bientôt la petite feuille à remplir.

    A vos porte-monnaies! Nous en aurons besoin pour les premiers loyers, car ce Localou est une location. Cela peut paraître trop, mais pour nous toutes, il était plus qu'important, après deux déménagements, de partir sur du long terme.

     

    A tout bientôt!!!!

    Jubile


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  • Le 22 juin dernier, nous nous sommes retrouvéEs chez Brieuc, notre trésorier, dans sa chouette baraque aux volets bleus (adossée à la colline) pour notre Assemblée Annuelle, reportée du mois de mai pour cause de manif anti-gaz de schiste.

     

    Ce qu'il s'en est dit, vous vous en doutez, n'est pas franchement transmissible en un article. Mais le compte-rendu sec et irréprochable a été mis en ligne sur le site http://reseaudentraide.eklablog.fr

    Mais en deux mots, nous nous sommes raconté les dernières nouvelles du réseau d'entraide, celles du Localou et du groupement d'achat.

     

    Une belle Assemblée générale, un beau tout nouveau Localou!

    Le réseau d'entraide ou plutôt la plateforme de création d'activité

    est toujours en route avec ses 7 projets qui correspondent à 7 porteureuses de projets.

    En septembre dernier, nous avons initié une réunion toutes les deux semaines afin de faire le tour de tous nos besoins, de nos souhaits, de nos difficultés, qu'elles soient d'ordre pratique ou morale. Parce que pour monter un projet, de se propres mains et l'assumer, il faut souvent se sentir entouréE, voire épaulée. Et c'est bien ce que proposait de faire l'association en nmontant ce réseau d'entraide mutuelle.

    Ainsi, de réunion en réunion, les personnes ont pu affiner leur idée, l'étoffer et parfois, la transformer du tout au tout.

    Une belle Assemblée générale, un beau tout nouveau Localou!

    De fil en aiguille, il s'est avéré que pour suivre notre souhait idéal d'autogestion, nous ne pouvions laisser quelques personnes, soi-disant plus compétentes ou plus disponibles, se charger d'aider les autres. Nous avons mis en place ce que nous avons appelé des triades. Il s'agissait de se mettre à deux pour aider unE troisième à accoucher de ses idées, donner de l'élan, bref l'accompagner.

    Ainsi, chaque personne était en charge d'autres personnes, quel que soit son niveau de compétence et de disponibilité. Le résultat attendu était une prise en charge plus grande de chacunE par soi-même et ses "aides" et surtout un niveau de conscience des mécanismes de mise en route ou de recherche de moyens plus grand car plus partagé.

    Ce qui n'était pas prévu au programme est arrivé ainsi......Les triades devaient se faire avec n'importe qui....sans idée de lien quelconque entre les projets. Et là, tout d'un coup.....tout le monde s'est mis à vouloir s'accompagner mutuellement selon les intérêts communs sur les projets.

    Évidemment!

    me direz-vous, mais ce fut si spontané que nous avons fini, au bout de 6 mois par devoir travailler non plus par personne/projet, mais par activité...

    Une belle Assemblée générale, un beau tout nouveau Localou!

    Flo et Éva lors de la première réunion réseau en septembre 2010

    Deuxième conséquence non attendue:

    Au moment où, sur le lieu de la Clémenterie, nous parlions de créer (enfin!) une structure agricole collective, plusieurs personnes dont le projet devait être plus ou moins assumé individuellement, au moins au niveau de la structure juridique, se sont écriéEs qu'elles voulaient, elles aussi, faire partie de la prochaine structure sous forme coopérative (scic ou scop).

    Donc nous voilà là:

    Nous sommes en recherche d'une ou plusieurs structures juridiques coopératives ou associatives basées sur l'horizontalité au niveau des décisions et des salaires et honoraires.

    Les réunions dites "réseau" se poursuivent chaque mois depuis lors et les projets s'étoffent. Certains sont à point, d'autres mijotent encore, d'autres encore sont en maturation.

    Nous avons toujours:Une belle Assemblée générale, un beau tout nouveau Localou!

    Éva qui anime les jardins de la Carotte Ébouriffée de la Clémenterie. Elle en est salariée et s'apprête à partir en formation d'animation environnement dès l'année scolaire suivante.

     

     

    Une belle Assemblée générale, un beau tout nouveau Localou!Julie (c'est moi qui rédige, autant vous le dire promptement) a fini son contrat d'animatrice du réseau d'entraide. On l'enjoint à se focaliser sur son secteur qui est celui de la traction animale. Elle proposera ses services ainsi que ceux de Damien qui apprend ce dur métier depuis janvier dernier et surtout ceux de Fleur, la belle Comtoise qui fait tout le reste, à qui veut: débardage, travail du sol en entier, transports de matériel et de produits, de personnes aussi pourquoi pas, en carriole.

     

    Twiggy, elle n'a pas bougé d'un pouce dans son projet: du pain, du pain et rien d'autre.

    Mais pas n'importe quel pain: avec de la bonne farine bio, et si possible issue de céréales d'anciennes variétés. Des animations pain et céréales au programme et un peu de petits fruits en confiture et sirop s'il en faut. C'est elle, d'ailleurs, qui a fabriqué les confitures et sirops de fruits rouges que vous pouvez acheter et déguster le mardi et le vendredi sur le marché de Jaujac et sur le stand de la Clémenterie. Elle s'apprête à faire un CAP en 6 mois pour se spécialiser. Elle fait déjà le pain du collectif de la Clèm' avec Damien en formateur.

     

    Une belle Assemblée générale, un beau tout nouveau Localou!

     

    Flo est sur les starting blocs.

    C'est elle qui gère le groupement d'achat et s'occupe du Localou (le nouveau inclu). Elle est trop fortiche en contact locaux: d'une sociabilité à toute épreuve et d'une disponibilité hors du commun, Flo avait juste besoin qu'on croit en elle, ce qui fut vite fait, pour engager l'aventure de l'épicerie itinérante qui vous tente! C'est là son projet: apporter aux familles et aux mères débordées, aux célibataires oublieux, leur pitance bio et locale, des oeufs de poules élevées aux pains au lait et sur canapé, des kilos de raisins secs et des tonnes d'amitié.

     

    Isabelle croît et se déploit. Elle qui végétait quasiment dans la contemplation de la croissance de l'Arbre Fruitier, est passé à la vitesse supérieure....Il faut dire que depuis qu'elle se sent épaulée dans le big projet de la Clémenterie (CF arrivée de nouvelles personnes pleines d'enthousiasme et d'énergie créatrice: http://la-clementerie.eklablog.fr), il lui est revenu le désiUne belle Assemblée générale, un beau tout nouveau Localou!r de filmer, de concocter des documentaires et des émissions radiophoniques et tuti quanti.

    Donc le verger conservatoire est toujours là, en germe et en plantation, et c'est toujours bien elle qui, souvent aidée de Stéphane, le soigne et l'agrandit, l'inclut dans le jardin pédagogique....

    D'ici peu, sans doute l'année prochaine, vous pourrez parcourir ce verger en devenir et déjà magnifique.

     Philippe oscille dans son projet. Après un BPREA au Pradel, son idée fut de mettre en place deuUne belle Assemblée générale, un beau tout nouveau Localou!x poulaillers: un productif pès de chez lui, à Pont de Labaume, un autre plus vivrier sur le terrain de la Clémenterie. Là-dessus, il s'agissait de mettre en route une parcelle de maraîchage qui complémenterait la production des jardins vivriers et pédagogques de la Clémenterie.

    Au final et pour cette année, il lui a pris une passion dévorante pour les abeilles et il a fait grandir une vingtaine de ruches dont une dizaine crèche à la Clèm' maintenant et augmente ses capacités de production de miel étonnament.

    On ne se plaint pas, vous savez le danger qui nous pèse sur les épaules si nous en venions à perdre nos compagnes butineuses. Et l'apiculture est un métier d'avenir: faire essaimer et "produire" de nouvelles reines et leur cheptel est tout à fait important.

    Une belle Assemblée générale, un beau tout nouveau Localou!

    Quand à Stéphane, il s'apprête à planter deux grandes parcelles de petits fruits rouges afin d'en faire des confiotes et des glaces..enfin de quoi se restaurer grandement. Ce sera pour l'automne probablement.

     

     

    Voili voilou. Mais ce n'est pas tout. Même si les triades s'essouflent pour l'été, d'autres choses naissent. Entre autre, et cela est advenu justement à l'Assemblée Générale Annuelle et Ordinaire, deux nouvelles propositions venues de personnes extérieures à ce processus, bien que fort familières du groupement d'HL'Assemblée générale, rapport sur le réseau d'entraideA et du Localou.

    La première consiste en une sorte de L'Assemblée générale, rapport sur le réseau d'entraidemarrainage: Cathy Lourthioux, Patricia Picard et Monique Cubizolle viendront dorénavant alternativement participer aux réunions du réseau, y donner leur avis et y faire leurs propositions. Prêter la main, quoi.L'Assemblée générale, rapport sur le réseau d'entraide

    Par ailleurs, Patricia Picard se propose de suivre activement le réseau. D'une part en proposant deux demi-journée de travail personnel sur ses compétences et ses désirs, puis des entretiens individuels, d'autre part en travaillant sur les formations courtes et longues auxquelles les unes et les autres s'apprêtraient à participer.

    C'est vrai que je ne vous ai pas encore parlé de cette beauté nouvellement née: un conseil d'administration tout beau tout chaud...vraiment actif et engagé.

    Si la plupart des adhérentEs de l'année dernière ont oublié leur engagement dans l'association, iune bonne vingtaine de membres y sont vraiment actifs/ves et c'est déjà énorme!

    Suite du compte rendu de l'Assemblée...dans pas trop longtemps, sinon réveillez-moi!

     

    Jubile

     

     


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  •     Dans une lettre ouverte du 31 mai adressée au ministre de l’Éducation nationale, Christine Boutin brandit la menace « des scrutins qui s’annoncent ». C’est pour exiger de Luc Chatel le retrait puis la correction des manuels de Sciences de la vie et de la terre des classes de Première L et ES qui viennent d’être publiés conformément aux nouveaux programmes : elle leur reproche en effet d’offrir « un enseignement directement et explicitement inspiré de la théorie du genre. » 
       

     Livres et Brochures

    De quoi s’agit-il au juste ? Un des objets d’étude au programme est intitulé : « Devenir homme ou femme ». Selon le Bulletin officiel du 30 septembre 2010, « ce thème vise à fournir à l'élève des connaissances scientifiques clairement établies, qui ne laissent de place ni aux informations erronées sur le fonctionnement de son corps ni aux préjugés. Ce sera également l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée. »
       

    Livres et Brochures

     

     

    Christine Boutin s’indigne qu’on enseigne le « genre » : « Comment ce qui n’est qu’une théorie, qu’un courant de pensée, peut-il faire partie d’un programme de sciences ? Comment peut-on présenter dans un manuel, qui se veut scientifique, une idéologie qui consiste à nier la réalité : l’altérité sexuelle de l’homme et la femme ? [… ] Je ne peux accepter que nous trompions [les adolescents] en leur présentant comme une explication scientifique ce qui relève d’un parti-pris idéologique. » 
    Pourtant, il n’appartient nullement aux politiques de juger de la scientificité des objets, des méthodes ou des théories. Seule la communauté savante peut évaluer les travaux de ses pairs : le champ scientifique, par ses contrôles, en garantit la rigueur. Si nous restons silencieux aujourd’hui, nous dira-t-on demain que l’évolution n’est qu’une idéologie ? À quand les pressions pour imposer l’enseignement du créationnisme, au nom de la liberté de conscience ?
       
     Livres et Brochures
    Pour nous, membres de l’Institut Émilie du Châtelet qui vise au développement et à la diffusion des recherches sur les femmes, le sexe et le genre, une telle censure politique serait inacceptable – et d’autant plus que l’ancienne ministre justifie sa demande d’interdiction « au nom du respect de la liberté de conscience. » Pour nous, universitaires et chercheur-e-s, une telle ingérence religieuse dans l’enseignement serait insupportable – et d’autant plus que la présidente du Parti chrétien-démocrate invoque sans rire « la neutralité des valeurs républicaines ». Or sa lettre au ministre ne fait que relayer celle du lobby des Associations familiales catholiques, dont Christian Vanneste, député UMP de la Droite populaire, s’est fait l’écho à  son tour dans une question au gouvernement datée du 7 juin.
       
    Le site de L’Évangile de la vie, qui défend la vie « depuis sa conception », rapporte dès le 20 mai la naissance de cette campagne : « Avertie la semaine dernière par le lycée Saint-Joseph de Draguignan (Dominicaines du Saint-Esprit) qui venait de recevoir les tout nouveaux manuels […], la commission bioéthique en lien avec l’ObservatoireLivres et Brochures sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon a pu mesurer la gravité des changements o pérés par le ministère de l’Éducation nationale par rapport aux précédents programmes. » 
    En réalité, la présidente du Parti chrétien-démocrate se fait la porte-parole du Vatican, qui n e cesse de marteler son opposition aux études de genre – depuis la conférence des Nations Unies sur les femmes de Pékin en 1995 jusqu’aux dernières interventions de Benoît XVI, en passant par la « Lettre aux Évêques sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Église » de celui qui n’était encore en 2004 que le Cardinal Ratzinger. 
       
    On aurait tort de croire que nous ne faisons que défendre ici notre pré carré de chercheur-e-s et d’enseignant-e-s. La vigilance s’impose aujourd’hui à chacune et à chacun. Le responsable de la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon ne s’en cache pas : « Si l’on regarde de l’autre côté des Pyrénées, on s’aperçoit que des dizaines de milliers de familles catholiques avec le soutien appuyé de la Conférence épiscopale espagnole et le concours de juristes compétents se sont d’ores et déjà organisées pour contester les cours obligatoires sur le gender du gouvernement Zapatero, voire retirer leurs enfants en posant un acte d’objection de conscience. Allons-nous devoir en arriver là en France ? ». La menace qui pèse sur la laïcité est claire.

       
    Nous, chercheur-e-s et universitaires engagé-e-s dans des travaux sur les femmes, le sexe et le genre, spécialistes d’anthropologie biologiquLivres et Brochurese et culturelle, de neurologie et de génétique, de médecine et d’épidémiologie, d e psychologie et de psychanalyse, de droit et de science politique, de démographie, d’his toire et de géographie, de sociologie, de sciences de l’éducation et d’économie, de philosophie et d’histoire des sciences, d’arts du spectacle et de cinéma, de littérature et de linguistique, et d’autres domaines encore, nous élevons avec force contre des conceptions anti-scientifiques qui s’autorisent du « bon sens » pour imposer leur ordre rétrograde.
     
       
    Interroger les « préjugés » et les « stéréotypes » pour les remettre en cause, c’est précisément le point de départ de la démarche scientifique. C’est encore plus nécessaire lorsqu’il s’agit des différences entre les sexes, qui sont toujours présentées comme naturelles pour justifier les inégalités : la « réalité » selon la droite religieuse, c’est en réalité une hiérarchie entre les sexes dont nos travaux, issus de disciplines multiples, convergent tous pour contester qu’elle soit produite par la nature. La science rejoint ici le féminisme : on ne naît pas femme, ni homme d’ailleurs, on le devient. Bref, en démocratie, l’anatomie ne doit plus être un destin.

    Florence Rochefort, présidente, et les membres de l’Institut Émilie du Châtelet pour le développement et la diffusion des recherches sur les femmes, le sexe et le genre. 

    Avec le soutien, notamment, d’associations et de revues scientifiques spécialisées dans ce domaine :
    - Associations : AFFDU Association française des femmes diplômées des universités, ANEF Association nationale des études féministes, Archives du féminisme, EFIGIES Association-Réseau de travail et d'échanges entre doctorant-e-s en Études Féministes, Genre et Sexualités, MNEMOSYNE pour le développement de l’histoire des femmes et du genre, Fédération de recherche sur le genre RING, SIEFAR société internationale pour l'étude des femmes de l’Ancien Régime.
    - Revues : Cahiers du genre, Clio. Histoire Femmes et Sociétés, Genre et Histoire, Genre, sexualité & société.

     
    Signer la pétition : http://lapetition.be/en-ligne/petition-10048.html

     


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  • Imaginez une famille, il y a deux millions d'années. Dans une grotte, une femme veille sur ses enfants tandis que son conjoint chasse.

    Elle attend que les hommes reviennent de la chasse pour satisfaire sa faim et nourrir sa progéniture. A en croire les paléontologues de l'université du Colorado et d'Oxford, cette version de l'histoire est erronée.

    Une récente étude publiée par le magazine Nature, menée par des universitaires anglo-saxons le révèle : les femmes australopithèques étaient bien plus mobiles que les hommes.

    L'australopithèque, aujourd'hui disparu, est considéré comme notre lointain ancêtre et cousin. Philippe Janvier, paléontologue au CNRS confirme que les femmes australopithèques étaient loin d'être casanières :

    « Elles se baladaient tout le temps, et énormément ! »

    La vérité vient de la bouche des australopithèques

    Les chercheurs de l'université d'Oxford et du Colorado ont étudié les dents de 19 fossiles d'australopithèques. Ils ont analysé la composition chimique de ces dents et du lieu où elles ont été trouvées. Les fossiles viennent d'Afrique du Sud, à une cinquantaine de kilomètres de Johannesburg.

    Les dents des hommes ont une composition chimique très proche de celle de leur environnement. Celle des femmes est plus diversifiée. Julia Lee-Thorp, paléontologue et professeur à l'université d'Oxford explique dans l'étude :

    « Ce que nous en déduisons, c'est que les femmes grandissaient quelque part et mouraient ailleurs. Nous nous basons sur un petit indice, c'est à peine une preuve, mais c'est déjà quelque chose. »

    Ces données nouvelles vont nous aider à comprendre le mode de vie des australopithèques, explique Sandi Copeland, anthropo-paléontologue à l'université du Colorado :

    « Notre vie, influencée par des pratiques culturelles récentes comme le mariage ou la propriété, n'a rien à voir avec celles de nos lointain ancêtres. C'est parfois difficile de nous la représenter. »

    Déconstruction des clichés

    Tellement difficile que nous aurions tendance à traîner des représentations entièrement fausses, selon la paléontologue auteur de « Le sauvage et le préhistorique, miroir de l'homme occidental », Marylène Patou Mathis.

    Elle juge l'étude parue dans la revue Nature intéressante, car elle aide à déconstruire les clichés autour des hommes préhistoriques :

    « Nous traînons une vision extrêmement simpliste ! Dès qu'une scène préhistorique est représentée, dans un film ou même à l'école, les hommes sont à la chasse et les femmes cuisinent.

    Nous n'avons aucune, je dis bien aucune, preuve archéologique pour décréter que les sociétés préhistoriques étaient organisées de la sorte.

    Les premiers anthropologues à s'être intéressés à la préhistoire sont nés au XIXe siècle en Occident. Ils ont calqué l'organisation de la société du XIXe sur la préhistoire. »

    La paléontologue explique qu'elle a constaté un hyper développement de l'humérus, l'os sollicité lors de la chasse, aussi bien chez l'homme de Néandertal que chez la femme de Néandertal. Selon elle, aucune preuve scientifique ne vient prouver que la chasse était le domaine réservée de l'homme.

    Les hommes voient loin, les femmes voient large

    Voilà de quoi faire valser les théories contemporaines basées sur un « héritage » qui daterait de l'époque préhistorique. Parmi les plus célèbres, celle selon laquelle les hommes voient loin et les femmes voient large.

    Les hommes, ex-chasseurs, auraient appris à regarder au loin pour guetter le gibier. Les femmes, elles, chargées de la protection des petits, seraient habituées à balayer largement les alentours pour repérer un éventuel danger.

    Défenseur de cette théorie, psychologue et auteur de « Cerveau masculin, cerveau féminin » (en pdf) Serge Ginger, refuse de tirer des conclusions :

    « Les hommes et les femmes voient différemment, c'est un fait. Si ce n'est pas à cause d'un héritage préhistorique, et bien c'est à cause d'autre chose. »

    « Ce sont des interprétations idéologiques »

    Si, à en croire les paléontologues, il est fort probable que les femmes australopithèques allaient voir du pays à la différence des hommes, un question reste en suspens : où allaient-elles ? Pourquoi bougeaient-elles ?

    Il est tentant de les imaginer en aventurières, pionnières du girl power version caverne, mais au même titre qu'on ne peut pas savoir si elles étaient de parfaites femmes au foyer, aucune preuve ne permet d'affirmer une telle chose.

    Les paléontologues ont très peu d'information sur les australopithèques : ces hominidés ont disparu environ un million d'années avant notre ère. Dennis Vialou, paléontologue et professeur au Muséum d'histoire naturelle regrette les interprétations idéologiques tirées d'études scientifiques :

    « Les analyses produites par les universitaires du Colorado et d'Oxford sont très intéressantes d'un point de vue biochimique.

    Mais les grandes conclusions qu'on en tire dépendent d'un point de vue idéologique. Que vous vouliez en faire une lecture féministe ou une lecture machiste, vous y arriverez ! »


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