• Retour du réseauAprès près de deux mois sans réunion du réseau d'entraide, première version, nous nous sommes retrouvées, cet après-midi , au Localou à Thueyts, pour refaire un point indispensable.

    Ces réunions nous font du bien, nous le savons, même si elles ne délivrent pas toujours les modalités et la méthode pour arriver à tout parfaitement. ChacunE d'entre nous quasiment est déjà accompagnéE par des membres de structures installées comme le CIDFF (Centre d'information des droits des femmes et des familles), Polen Scop, Âme Sud ou Pôle Emploi.

    Mais cet accomppagnement, tout performant qu'il puisse être (ou non!) ne supprime en aucun cas le besoin de se retrouver à plusieurs pour se remettre le moral au niveau adapté!!!!!

    En gros, on se fait du bien, on se dit en face les choses qui plaisent ou non, on se donne des conseils parce qu'on se connait un peu et qu'on sait ce que l'autre a besoin, ou non. On se raconte nos dernières péripéties, on se donne des rendez-vous Déménagement, Récolte de châtaignes ou matinée Administration/communication autour de la même table et de la même théière.

    Et ça, croyez-moi, c'est de l'or en barre.

    Parce que sans cela, chacunE de nous reste seulE à la fin de son rendez-vous "accompagnant", avec ses doutes que la personne d'en face ne pourra jamais lever: est-ce vraiment cela que je veux faire, ai-je les épaules pour cela, qui me rattrapera si cela ne marche pas?????

    Retour du réseau Ça ne vous dit toujours rien?

    Alors sachez que Flo a besoin de 3000€ pour aménager son camion, mais elle s'en fout parce qu'elle avance bien aussi et qu'elle paiera petit à petit. Ses doutes sont plutôt sur les prix qu'elle va devoir pratiquer pour pouvoir en vivre....Et là, nous n'avions pas de réponse, hélas. Mais nous avons contourné l'histoire en énumérant toutes les stratégies possibles pour y arriver: faire une petite marge sur les produits de première nécessité et une grosse sur les autres, trouver des producteurs locaux pas chers pour lesquels elle ferait de la pub en même temps, attirer les foules avec un stand de petits gâteaux maison etc.

     

    Sachez que Julie (moi qui écrit) a pondu un joli dossier pour un projet de traction animale, débardage, travail agricole, ballades et randonnées en carriole presque viable....mais craque sur la rédaction de la demande de financement auprès de la Région...Mais voilà, une petite carriole de rien du tout, mais de l'armée suisse quand même, va arriver tout bientôt et on va bien s'amuser sur les routes en pente. Cela fera un premier jet et une petite expérience de longs trajets avec Fleur, notre toute belle équidée!!!!!

    Retour du réseau

     

    Sachez aussi que Twiggy se débat encore un peu avec l'idée et le comment de la garde de ses enfants pendant sa future formations à Lanas, un CAP de boulangerie en 6 mois qui lui donnerait de bonnes bases et un diplôme pour la suite.

    Le réseau d'entraide s'appliquera à lui rééduquer ses marmotsRetour du réseau, moi j'vous l'dit!!!!!

     

    Quand à Éva qui vient de finir son contrat à la Clémenterie, elle s'est dégoté un joli petit appart' à Jaujac et se targue de se remettre en selle dès l'installation...

    Et  nous l'aiderons demain,

    après la GRANDE MANIF MONDIALE DES INDIGNÉS À AUBENAS À 10 HEURES PLACE DU MARCHÉ ET SOYEZ TOUteS LÀ C'EST IMPORTANT

     

     

    Vous avez tout compris?

     

     

    Un deuxième cercle de réseau est en cours de construction. On vous tiendra au courant, évidemment.

     

    D'ailleurs, c'est pas tout ça, mais faut que je vous avoue!!!!!!!

    Merci à toutes celles et tous ceux qui nous soutiennent en permanence, les gens du département compris, même si je ne pensais pas pouvoir dire cela un jour (Bernard Got par exemple, Mme Béaur aussi, généreuse et tranquille...=

    Même si Du Pain et des Roses est une petite association de fond de vallée, qui se dit féministe quand elle en a les moyens, il y en a un paquet et encore et toujours, que cela intéresse, ce que nous avons mis en place. Parfois, il y a eut du mou et de l'abandon, du silence et du découragement, mais au fond, nous ne lâchons pas l'histoire.

    Merci aussi à celles et ceux qui viennent au Localou le vendredi et le mercredi (matin) aussi pour nous voir et animer ce lieu nouveau.

    Nous y ferons très bientôt une chouette inauguration, n'en doutez pas!!!!!

    La semaine prochaine, le vendredi 21 octobre, nous nous retrouverons tous et toutes (tous les membres de l'association et même les autres) pour une chouette réunion avec Café/gâteaux, rires et amitiés. Soyez-en!

     

    Jubile

     

     

     


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    Des fillettes dans des villages du Rajasthan, en Inde, le 30 août 2011 (Graham Crouch/The Elders/Flickr).

    Le mariage des enfants constitue une des traditions qui entrave les initiatives de développement sur de nombreux plans : l'éducation, la santé, la pauvreté et l'égalité. Pourtant, ce sujet n'est pas intégré dans le débat sur le développement et il est rarement évoqué par les instances décisionnaires.

    Ce serait nous cacher la vérité de croire que nous pouvons améliorer les conditions de vie des pays les plus pauvres au monde sans parler des pratiques traditionnelles nuisibles qui affectent encore des millions de filles et de femmes.

    En tant qu'avocates œuvrant de longue date pour l'égalité, nous saluons naturellement tous les efforts consentis pour la santé des femmes, l'éducation des filles et les programmes d'autonomisation des femmes dans la vie économique.

    Mais nous devons également nous demander pourquoi, malgré ces efforts, les progrès sont si lents. Nous sommes convaincues que cela est dû au fait que les initiatives pour le développement ne sont pas suffisamment axées sur les normes et les traditions sociales nuisibles.

    Le mariage des enfants n'est approuvé par aucune religion

    Peut-être est-ce parce qu'il est considéré comme appartenant au domaine familial et par conséquent privé, ou parce que le mariage des enfants est un problème de culture et de tradition, sur lequel les politiciens et les organisations caritatives hésitent à se prononcer. Naturellement, aucun d'entre nous ne souhaite être accusé de manquer de respect aux coutumes ancestrales.

    En tant que membres des Elders, un groupe d'anciens dirigeants mondiaux réunis par Nelson Mandela, nous reconnaissons qu'il s'agit là de sujets sensibles, mais nous n'acceptons pas qu'ils soient passés sous silence. Le mariage des enfants n'est approuvé par aucune religion.

    Il est le fruit d'une tradition, perpétuée par la pauvreté et par des règles sociales dominantes, qui estime la valeur de la vertu et de la fertilité d'une jeune fille, sans lui offrir la possibilité de développer d'autres voies qui pourraient être plus bénéfiques pour elle, ses enfants et sa communauté. Nous n'adhérons pas à l'idée selon laquelle les traditions sont immuables. Les traditions sont créées par les êtres humains et si elles sont nuisibles et obsolètes, elles doivent être modifiées.

    10 millions de filles dans le monde mariées avant l'âge de 18 ans

    Le mariage des enfants est une violation flagrante des droits de l'homme et l'une des principales entraves au développement. Si les leaders mondiaux, qui se réunissent cette semaine à New York, souhaitent véritablement faire avancer l'application et le respect des droits de l'homme dans le monde et combattre la pauvreté, il faut qu'ils commencent par parler du mariage des enfants.

    Il est stupéfiant de constater que chaque année, environ 10 millions de filles dans le monde sont mariées avant l'âge de 18 ans. Dans les pays en voie de développement, une jeune fille sur sept est mariée avant l'âge de 15 ans.

    En général, une fille mariée abandonne l'école si, par chance, elle en fréquentait une. Sa vie se résume ensuite à son mari et à sa maison. Les jeunes filles de moins de 15 ans ont cinq fois plus de risques de mourir en couches qu'une jeune femme d'une vingtaine d'années.

    L'accès aux services médicaux est un facteur (les mariages d'enfants sont plus fréquents au sein des communautés pauvres). Mais les jeunes filles dont le corps n'a pas encore atteint sa pleine maturité sont également plus vulnérables aux complications liées à l'accouchement, telles que la fistule obstétrique et elles courent plus de risques de mourir en couche.

    Le Sénégal et l'Ethiopie luttent contre le fléau

    Les enfants mariés sont présents partout dans le monde, mais plus particulièrement en Afrique centrale et en Afrique de l'Ouest, dans le sud de l'Asie du Sud et dans certaines zones du Moyen-Orient. Le Niger possède le plus haut taux de mariages d'enfants (76%), alors que l'Inde possède le nombre le plus important (elle dénombre plus du tiers des enfants mariés dans le monde).

    Au rythme actuel, 100 millions de filles seront mariées dans la prochaine décennie. Exclues du système éducatif et des autres opportunités de développer leur potentiel, elles et leur enfants seront enfermées dans la pauvreté.

    Un petit nombre d'organisations courageuses commencent à initier des procédures de changement qui fournissent déjà des résultats tangibles.

    En Ethiopie, des programmes gérés localement encouragent toutes les personnes concernées (parents, chefs de village, responsables religieux, professeurs et professionnels de la santé) à parler des risques liés à la grossesse précoce et des bénéfices que peuvent apporter l'éducation.

    Parallèlement, les jeunes filles peuvent bénéficier de conseils et de soutien lors d'ateliers organisés après l'école et les jeunes hommes peuvent recevoir des informations et des suggestions afin de traiter leurs femmes en égales. Au Sénégal, des centaines de villages se sont publiquement engagés à mettre fin aux mariages d'enfants et à l'excision.

    La plus grande génération de filles de l'Histoire

    Nous pensons que ce changement peut être mis en place en une génération seulement. Une femme qui se marie à 18 ans ou plus, qui a la possibilité de faire des études, de développer son estime de soi et ses compétences, sera beaucoup moins encline à marier ses propres filles très jeunes.

    L'humanité est désormais responsable de la plus grande génération de filles de l'Histoire. En mettant fin au mariage des enfants, nous pouvons aider ces jeunes filles à développer leur potentiel et contribuer à transformer les communautés à une échelle sans précédent. Nous devons pour cela commencer à en parler.

    L'ONG The Elders a présenté mardi 20 septembre 2011 à New York « Filles, pas épouses », un nouveau partenariat mondial qui réunit ONG internationales et associations locales pour mettre fin au mariage des enfants.

    Photo : des fillettes dans des villages du Rajasthan, en Inde, le 30 août 2011 (Graham Crouch/The Elders/Flickr).


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  • C'est arrivé enfin:

    l'association Du Pain et des Roses a réouvert un LOCALOU

    Nouveau LOCALOU

    Yann perce le panneau en bois fabriqué par Cécile pour le mettre au-dessus du nouveau Localou

     

    À Thueyts,

    en face de la superette locale et à côté d'une boulangerie, route Nationale 102.

    Nouveau LOCALOU

    Avec les enfants, nous amménageons l'intérieur: montage de la table

     Ce LOCALOU est d'ores et déjà ouvert tous les vendredi et attend vos visites et nos papotages.

    Nouveau LOCALOU

    Il y a, comme pour l'ancien: Magasin gratuit et groupement d'achat!

    Voici les premières étagères, elles sont déjà pleines à craquer et c'est un vrai plaisir.

    Nouveau LOCALOU

    Une cafetière vous attend ainsi qu'un choix de tisanes et de thés.

     

    Bref, on repart!


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  • De Christine Delphy (coord.)
    Clémentine Autain, Jenny Brown, Mona Chollet, Sophie Courval, Christine Delphy, Rokhaya Diallo, Béatrice Gamba, Michelle Guerci, Gisèle Halimi, Christelle Hamel, Natacha Henry, Sabine Lambert, Titiou Lecoq, Claire Levenson, Mademoiselle, Marie Papin, Emmanuelle Piet, Audrey Pulvar, Joan W. Scott, Sylvie Tissot, les TumulTueuses, Najate Zouggari

    Editions Syllepse
    http://www.syllepse.net/
    180 pages
    7 euros

    Ce livre s’adresse à un large public, celui qui a suivi l’« affaire DSK ». Son sujet n’est pas l’affaire judiciaire (qui ne fait que commencer). Il ne traite pas non plus des agressions sexuelles. Son sujet est le sexisme comme idéologie rationalisant les atteintes aux droits des femmes. Il analyse les réactions à l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York le 14 mai 2011, puis à son inculpation. Ces réactions, qui ont été majoritairement celles de ses amis politiques, révèlent en fait l’attitude de la majorité des hommes politiques et journalistes français. Ceux-ci ont commencé par déclarer qu’il ne pouvait en aucun cas être coupable des faits qui lui sont reprochés, parce qu’il en serait incapable. Ils ont exprimé une incrédulité totale quant à la possibilité même du crime et ont comparé la situation faite à DSK à un véritable calvaire. La possibilité même du crime a été déniée : soit parce que l’accusation du procureur était fausse – ce qui revenait à dire que la femme de chambre qui l’avait dénoncé mentait –, soit parce qu’aux USA on confond sexualité et crime.

    Un troussage de domestique


    Son inculpation a été présentée comme l’effet du puritanisme qui refuse tout ce qui est sexuel. La contrainte impliquée par le viol a été niée, euphémisée ou minimisée. Politiques et journalistes ont fait passer le caractère sexuel des faits reprochés à DSK dans la case de la « vie privée », qui ne regarde pas la justice, des « moeurs » et des choix personnels qui ne regardent pas la loi. Les féministes auteures de ce livre mettent en cause ces propos qui assimilent le viol à la vie privée, au libertinage, à la liberté sexuelle. Elles affirment que la présomption de véracité de la victime « présumée » doit être tout autant préservée que la « présomption d’innocence » du suspect. Que le viol existe, et que le consentement des deux parties n’est pas un ornement dont on peut se passer, une cerise sur le gâteau, mais la ligne de partage entre un acte licite et un acte criminel.
    Enfin, les auteures se demandent si ces propos ne révèlent pas un refus, de la part de la société française, de la loi française, pour laquelle cette ligne de partage est aussi fondamentale que pour la loi états-unienne.


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  • Véronique Cochard tient un livre pour enfants véhiculant des clichés sexistes, en mai 2011 à Lille (Marie Kostrz/Rue89).

    (De Lille) A 9 heures, près de Lille, la bibliothèque de Lézennes est encore déserte. Jusqu'à ce que deux femmes franchissent les portes de l'établissement les bras chargés d'une grosse caisse remplie de livres pour enfants. Certains sont truffés de préjugés sur la place de l'homme et de la femme dans la société. D'autres non.

    Depuis juillet 2010, Véronique Cochard et Brigitte Kaiser mènent un projet qui a encore peu de doublons en France. Avec leurs organisations respectives, le Collectif régional pour l'information et la formation des femmes (Corif) et l'Institut lillois pour l'éducation permanente (Ilep), elles luttent contre les stéréotypes de genre qui sont véhiculés dans les livres pour enfants

    Au premier étage de la bibliothèque, douze femmes – pas un seul homme n'est présent – bavardent joyeusement. Elles travaillent toutes dans le secteur de la petite enfance et suivent l'atelier créé par les deux collègues.

    Après avoir travaillé sur l'égalité homme-femme dans le monde professionnel, puis avec les lycéens et collégiens, Véronique Cochard s'est rendu compte que la sensibilisation devait commencer encore plus tôt. Pour éviter que le sexisme ne soit intégré par les enfants dès leur plus jeune âge, rien de mieux selon elle que d'agir auprès des adultes qui prennent soin d'eux au quotidien.

    « Le masculin, toujours mieux à même de représenter l'universel »

    Ce projet, financé par l'Union européenne, est également mené en Italie, en Belgique et en Suède.

    Le livre est pour les deux femmes un support intéressant : l'enfant le tient entre ses mains dès l'aube de sa vie et les stéréotypes sont encore nombreux à se glisser entre ses pages.

    La mise en cause de la littérature jeunesse comme médium de transmission des rôles des femmes et des hommes dans la société n'est pas nouvelle. En 1949, Simone de Beauvoir avait déjà fait ce constat dans »Le Deuxième Sexe ».

    Plus de cinquante ans après, les inégalités perdurent dans la littérature jeunesse. Contactée par Rue89, Sylvie Cromer, sociologue spécialiste des questions de genre et maîtresse de conférence à l'université Lille-II, précise :

    « Il n'y a plus beaucoup d'ouvrages où la maman fait la vaisselle pendant que le papa lit son journal dans le fauteuil. Mais malgré tout, les stéréotypes perdurent car le masculin est toujours mis en avant, il est toujours mieux à même de représenter l'universel. »

    Elle précise que les hommes sont toujours dominants dans les histoires, particulièrement lorsqu'il s'agit d'adultes : ils représentent 60% des personnages. Les clichés sont nettement plus marqués dans les ouvrages destinés aux plus petits.

    Des livres de la série Martine (Marie Kostrz/Rue89).

    « Une fille aura toujours une jupe ou une robe et des bijoux »

    Dans les magazines adressés aux 0-6 ans, les garçons entretiennent des relations plus diversifiées que les filles, qui restent plus facilement cantonnées à la famille.

    Brigitte Kaiser confirme que les stéréotypes sont particulièrement visibles pour les très jeunes :

    « Pour la formation, nous avons cherché des ouvrages non-sexistes pour les tout-petits, nous avons eu énormément de mal à en trouver. »

    De manière générale, les personnages masculins sont également moins « marqués » :

    « Un garçon n'aura pas forcément une barbe ou des lunettes alors qu'une fille aura toujours une jupe ou une robe et des bijoux. »

    En espérant que le soir, « ça discute en famille »

    A Lézennes, c'est la troisième et dernière fois que les douze femmes se retrouvent pour parler sexisme. Assises autour d'une grande table et avant de s'atteler au décryptage de la série de livres Martine, elles partagent leurs impressions sur la veillée de contes organisée quelques jours auparavant à la bibliothèque.

    Un à un, Brigitte Kaiser et Véronique Cochard sortent des ouvrages de leur caisse. Tous ceux qui ont été lus aux enfants étaient entièrement non-sexistes.

    A l'évocation du livre « A quoi tu joues ? » qui démonte les stéréotypes tels que « les garçons, ça ne joue pas à la poupée », Isabelle Renard, responsable d'une halte-garderie, pense que « le soir, ça a dû discuter en famille ».

    Elle suppose qu'à l'avenir, les parents penseront que leur garçon deviendra un bon papa plutôt que de dire qu'il risque de devenir une fille.

    éronique Cochard présente l'ouvrage "A quoi tu joues ?" (Marie Kostrz/Rue89).

    Depuis la première séance, le discours des participantes a sensiblement évolué. Selon Véronique Cochard, elles sont à présent capables de sensibiliser les enfants comme les parents. Florence Bernard, qui encadre les enfants à la garderie, a apprécié la formation :

    « Je ne m'étais jamais posé ces questions sur les stéréotypes. Cet atelier permet d'avoir un autre regard sur les livres que nous lisons aux enfants et de mieux les choisir. »

    C'est aussi la première fois qu'Anne-Lise Hainant, toute jeune bibliothécaire, suit une formation sur la littérature non-sexiste. La jeune femme assure que l'influence de la formation dépasse sa propre personne : lors des réunions avec ses collègues des autres établissements, elle ne manque pas de « les sensibiliser ».

    « Je ne mets plus forcément un bavoir rose à une petite fille »

    Parti du livre, l'atelier permet néanmoins de faire évoluer le regard des professionnels sur l'univers dans lequel les enfants évoluent. C'est notamment le cas avec les jouets, qui reproduisent sensiblement les divisions entre hommes et femmes. Florence Bernard reconnaît :

    « Avant, on avait le réflexe de ne sortir que la caisse des jouets de garçons si aucune fille n'était à la garderie. Ce sont des habitudes dont on cherche à se débarrasser. »

    Isabelle Renard, responsable d'une halte-garderie, a conscience que la distinction entre filles et garçons est reproduite par les adultes :

    « Quand les enfants sont très petits, ils n'ont aucun préjugés sur les jeux, les garçons vont vers le coin poupées d'eux-mêmes. Les petites filles sont aussi contentes de jouer aux petites voitures. »

    L'atelier l'incite à être plus attentive à certains gestes du quotidien, répétés de manière inconsciente :

    « Je ne mets plus forcément un bavoir rose à une petite fille. »

    Pour les garçons, la peur constante de l'homosexualité

    Une participante feuillette un livre de la série Martine (Marie Kostrz/Rue89).Ce qui n'est pas toujours évident, la société accusant un retard dans le domaine :

    « Nous avons refait le coin poupées, avec la volonté de ne pas acheter de meubles roses. Nous avons eu énormément de mal à en trouver d'une autre couleur ! »

    Malgré le succès évident de l'atelier, certains préjugés ont la vie dure. Brigitte Kaiser regrette que si les filles s'aventurent assez facilement dans le domaine réservé habituellement aux garçons, le contraire est beaucoup moins fréquent :

    « Pour une fille, se comporter “comme un garçon” est valorisant, alors que le contraire est encore honteux. Chez les parents des petits garçons, il y a toujours la peur de l'homosexualité. »

    Pendant l'atelier, une des éducatrices lance :

    « Hors de question que mon fils fasse de la danse, sauf si c'est du hip-hop ! »

    Sylvie Cromer, sociologue, a aussi remarqué que cet obstacle est difficile à franchir :

    « Il y a une croyance très vivace que l'égalité des sexes va apporter une confusion entre les sexes. »

    Un déterminisme fabriqué qui bloque les enfants

    Face à cette crainte, les enfants intériorisent certains comportements. Les professionnels de la petite enfance évoquent souvent le cas de petits garçons « honteux de dire qu'ils aiment jouer à la poupée ».

    Sylvie Cromer poursuit :

    « L'assignation des sexes n'est pas naturelle. Il faut qu'on arrive à faire comprendre que le sexe ne doit pas être un déterminisme car cela bloque le potentiel des enfants. »

    La sociologue n'est pourtant pas pessimiste : dans les livres, les personnages d'enfants sont de moins en moins clivés, contrairement à ceux des adultes. Les rôles des filles et des garçons sont beaucoup plus interchangeables qu'auparavant. Les enfants sont également plus réceptifs au discours antisexiste. Elle affirme :

    « Dans les livres comme dans la société, les rapports entre les sexes bougent. »

    Un catalogue de livres pour enfants non-sexistes (Marie Kostrz/Rue89).

    Mis à jour le 17/08/2011 à 17h20 : Sylvie Cromer est maîtresse de conférence et non professeur.

    Photos : Véronique Cochard tient un livre pour enfants véhiculant des clichés sexistes, en mai 2011 à Lille ; des livres de la série Martine ; Véronique Cochard présente l'ouvrage « A quoi tu joues ? » ; une participante feuillette un livre de la série Martine ; un catalogue de livres pour enfants non-sexistes (Marie Kostrz/Rue89).


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